TEMOIGNAGE DE MICHEL

MICHEL : PERMIS MOTO SOLO

J’ai adhéré à HMS en 2013 après avoir découvert votre association suite à une recherche sur internet.

Je ne me souviens plus ce que j’avais demandé à Google, mais c’était une période où je me disais qu’après tout conduire une moto m’était peut-être possible avec quelques aménagements.

Jusque là je pensais que mon handicap m’excluait du monde motard et ce depuis un accident de la circulation survenu à l’âge de 16 ans. J’étais alors un ado un peu « calu » qui cherchait à réduire toujours plus l’angle que ma mob faisait avec le bitume. Comme la vitesse de ces engins n’était pas suffisante, nous allions chercher les sensations sur les routes sinueuses et pentues. Jusqu’au jour où, près des gorges du Gardon, je sortais trop large d’un virage vicieux alors qu’un camion arrivait en face. Fémur, tibia et péroné éclatés par la collision frontale + les staphylocoques récoltés à l’hôpital = 2 ans couchés et à la sortie une jambe gauche raide avec un pied qui ne fonctionne quasiment plus.

Pendant les 35 années suivantes j’ai essayé d’éviter de penser à tout ce que j’aimais mais ne pouvais plus faire, puis une fois les enfants élevés et les raisons de me préserver disparues, l’envie de moto s’est imposée comme une évidence.

Je n’avais jamais passé le permis A, juste commencé à 16 ans le permis de piloter une 125 !

Je me suis dit que justement, je pourrais commencer par une 125 histoire de n’avoir pas besoin de repasser quelques permis que ce soit.

Une Aprilia classic de 1996 achetée d’occasion chez Hotsport Cugnaux m’avait paru un bon choix ; mais malgré un équipement astucieux monté par Gilbert et consistant à déplacer le sélecteur de vitesse pied gauche sur la poignée gauche, je n’ai que très difficilement réussi à synchroniser dans la durée le débrayage et la sélection des vitesses. Faire les deux avec la même main n’était pas évident du tout pour moi.

C’est avec HMS que j’ai appris toutes les possibilités de passer le permis moto ; de l’existence d’un permis moto automatique, de motos à embrayage automatique ou semi-automatique, du système à électro-aimant qui permet d’automatiser l’embrayage sur une boîte manuelle, etc… En 2014 j’ai pris contact avec Marc pour plus de précisions. J’ai fait un aller-retour éclair au salon du side au Mans où là, j’ai pu rencontrer quelques membres de l’association ; contact bref mais très sympa !

Le dilemme était donc pour moi de décider de passer le permis avec la moto mise à disposition par HMS ou le permis moto automatique. Vu mon âge et le temps déjà perdu, mon impatience de gamin eu le dessus car j’étais trop pressé pour m’inscrire sur une liste d’attente.

Il me restait à trouver une moto-école qui fasse passer ce permis automatique.

Aucune en Ariège où j’habite, mais pas non plus à Toulouse ! Mes recherches sur le web ne m’en ont désigné que deux dans la moitié sud de la France, l’une à Lyon, l’autre à Bordeaux, enfin plus précisément à Mérignac : CF2R est son nom et c’est vraiment une super moto-école.

Je me suis pointé chez eux au début de l’hiver avec ma jambe raide, mes 55 balais et aucune expérience. Non seulement ils m’ont accueilli sans appréhension, mais ils ont adapté leur moto, une Honda NC 700 X, en positionnant un repose-pied en avant de la protection carter, et ce sans supplément et en me faisant cadeau de l’adaptation à la fin.

Toute l’équipe de CF2R est super sympa avec bien sûr, une mention spéciale pour les 2 supers moniteurs qui m’ont initié au maniement d’une 700 cm3, j’ai nommé Thomas et D2. Grâce à leur bonne pédagogie, j’ai tout eu du premier coup, même le plateau qui n’était pas gagné d’avance.

Ils se sont adaptés à mes contraintes, car habitant à 350 km de Bordeaux, je devais poser des lundis ou des vendredis pour venir m’exercer. Malgré cela, en ayant attaqué la conduite fin janvier, j’ai pu obtenir le permis le 9 mars dernier, soit dans un délai finalement assez court. Autre très bon point de cette moto-école : l’organisation régulière de session de 2h d’initiation à l’entretien correct de sa moto (très pratique pour un novice comme moi).

Aujourd’hui je vais travailler tous les jours à moto et ce quel que soit le temps. Ma NC 700 X achetée d’occasion me procure tant de plaisir que j’ai déjà perdu 2 points sur mon permis. L’étape suivante est de pouvoir m’affranchir des boîtes automatiques afin d’avoir accès à n’importe quelle bécane. Pour ça il me faudra me placer sur la liste d’attente pour emprunter la moto HMS et passer l’équivalence « embrayage adapté » sur mon permis. C’est le passage obligé vers l’un de mes projets, le side-car, les motos attelables ne sont pas légion.

En fait ma présente prose n’a pour but que de dire qu’il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves et que dans mon cas HMS et CF2R ont été des catalyseurs efficaces.  Du coup ce rêve réalisé en appelle d’autres ; je n’en suis qu’au début et mes rêves de grands voyages à moto me paraissent désormais réalisables.

Mon rêve ultime ? Rejoindre la côte pacifique en traversant la Sibérie. Pas simple à organiser mais ça prendra le temps qu’il faudra, j’y crois…